L’anovulation et le cycle anovulatoire, qu’est-ce que c’est ?

Vous ne pouvez concevoir que quelques jours au cours d’un cycle menstruel. On appelle ces jours la « fenêtre de fertilité ». Il s’agit des jours précédant et incluant le jour de l’ovulation, qui correspond au moment où un ovule est libéré de l’ovaire.  Lors de certains cycles, il peut parfois arriver qu’un ovule ne soit pas libéré. Ce phénomène, appelé anovulation, touche souvent les jeunes filles qui viennent de commencer à avoir leurs règles, ou les femmes qui approchent de la ménopause. Il est également possible pour des femmes en bonne santé d’avoir occasionnellement un cycle où elles n’ovulent pas. 

Alors, qu’est-ce que l’anovulation, et qu’est-ce qui empêche la libération d’un ovule ? Quels sont les symptômes que vous présentez lorsque vous n’ovulez pas ? Et que pouvez-vous y faire ? Si vous vous êtes posé ces questions, poursuivez votre lecture pour tout savoir sur l’anovulation. 

1.
Qu’est-ce que l’ovulation ?

L’ovulation se produit lorsque l’un de vos ovaires libère un ovule. Vous êtes la plus fertile au cours des quelques jours précédant l’ovulation, ainsi que le jour de celle-ci. Cette période dure environ six jours, et vous avez de fortes chances de concevoir pendant cette période si vous avez des rapports sexuels non protégés.

2.
Qu’est-ce que l’anovulation ?

On parle d’anovulation lorsque vos ovaires ne libèrent pas d’ovule au cours d’un cycle menstruel.  Ce phénomène n’est pas rare et peut se produire de temps en temps ; vous pouvez avoir un cycle anovulatoire un mois, puis ovuler normalement le mois suivant. 

Vous pouvez avoir un cycle anovulatoire sans le savoir, étant donné qu’il est possible que vous ayez vos règles comme d’habitude. Vous pourriez ne pas apercevoir que vous n’ovulez pas, à moins que vos règles ne s’arrêtent. Si vous utilisez un test d’ovulation, vous pourriez vous en rendre compte, car vous n’observerez pas de pic de LH. Des règles irrégulières peuvent également être un signe que vous n’ovulez pas. 

L’anovulation peut être chronique : cela signifie qu’une femme n’ovule pas pendant un grand nombre de ses cycles. 

3.
Pourquoi n’ai-je pas ovulé ?

L’anovulation est fréquente à certains stades de la vie reproductive d’une femme : 

  • Jeunes filles ayant récemment commencé à avoir leurs règles. Au cours de la première année suivant les toutes premières règles, il n’est pas rare que les jeunes filles aient des cycles anovulatoires. 
  • Femmes proches de la ménopause. Les femmes âgées de 40 à 50 ans sont plus susceptibles de subir des fluctuations hormonales, ce qui peut entraîner une anovulation plus régulière.1

Il est possible d’avoir des cycles anovulatoires alors que vous êtes fertile, et de nombreuses raisons peuvent les expliquer.  Vous trouverez ci-dessous quelques causes potentielles.  Si vous craignez d’avoir des cycles anovulatoires, vous devez consulter votre médecin.

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Il s’agit d’une pathologie où un déséquilibre hormonal a provoqué la formation de petits kystes ou de follicules ovariens sous-développés dans les ovaires. Ce syndrome peut également entraîner des règles irrégulières, une pilosité excessive, une peau grasse, une prise de poids, une dépression et une infertilité. Certaines femmes peuvent être atteintes d’un SOPK sans présenter ces symptômes. Elles peuvent ne pas savoir qu’elles en souffrent jusqu’à ce qu’elles essaient d’avoir un bébé. Si vous êtes inquiète ou si vous pensez être atteinte d’un SOPK, parlez-en à votre médecin. Si un SOPK vous a été diagnostiqué, les tests d’ovulation ou les moniteurs de fertilité peuvent vous donner des résultats erronés ; il est donc conseillé de ne pas les utiliser. Les femmes souffrant d’un SOPK peuvent présenter un taux élevé de LH tout au long de leur cycle. Elles peuvent observer un pic de LH (fertilité maximale) même si ce n’est pas le cas.     
  • Être en sous-poids ou en surpoids. Si vous êtes en sous-poids ou en surpoids, cela peut également vous empêcher d’ovuler. Atteindre votre poids de santé peut favoriser votre fertilité et réduire le risque de troubles de l’ovulation.
  • Pratique excessive d’une activité physique. Une activité physique intense pendant une période prolongée, comme la course de fond, peut également provoquer l’arrêt de l’ovulation. Réduire l’intensité et la durée de l’activité physique peut permettre un retour à la normale. 
  • Stress et anxiété. Si vous pensez que le stress dont vous faites l’expérience vous empêche d’ovuler, nous vous conseillons d’en parler avec votre médecin.
  • Traitements médicamenteux.  Certains médicaments peuvent influer sur l’ovulation, y compris la contraception.  Vérifiez toujours les informations des médicaments que vous prenez.

4.
Quels sont les symptômes d’anovulation ?

De nombreuses femmes peuvent avoir un cycle anovulatoire sans même le remarquer. L’anovulation elle-même ne donne lieu à aucun symptôme.  Il peut être plus facile de rechercher des signes indiquant que vous ovulez.

5.
Quels sont les signes qui indiquent que vous êtes en train d’ovuler ?

Si vous observez les signes habituels d’ovulation, il y a de fortes chances que vous soyez en train d’ovuler. Cela comprend les signes suivants :

  • Pic de l’hormone LH. Un test d’ovulation détecte s’il y a un pic d’hormone lutéinisante (LH). Cela se produit 12 à 24 heures avant l’ovulation. Toutefois, si vous êtes atteinte d’un SOPK, vous risquez d’obtenir des résultats erronés en cas d’utilisation d’un test d’ovulation, et ce, en raison du taux élevé de LH tout au long de votre cycle. C’est pour cette raison que les tests d’ovulation ne sont pas recommandés si un SOPK vous a été diagnostiqué.  
  • Règles régulières. Si vous ovulez, vous avez probablement un cycle menstruel relativement prévisible, qui survient environ tous les 24 à 32 jours. L’absence de règles [lien vers l’article sur l’absence de règles], ou les cycles très longs (plus de 40 jours) ou très courts (moins de 20 jours), peuvent être un signe que vous n’ovulez pas.   Toutefois, une anovulation est possible même si vos règles sont régulières et de durée normale.
  • Modification de la température corporelle basale. La température de votre corps au repos augmente légèrement après l’ovulation.   Cependant, de nombreux autres facteurs peuvent provoquer une augmentation de la température corporelle : cela ne constitue donc pas une mesure très précise.
  • Modifications des pertes vaginales. Juste avant l’ovulation, vous pouvez remarquer que vos pertes vaginales sont plus transparentes, plus liquides et plus élastiques. Après l’ovulation, votre glaire cervicale devient plus épaisse, plus trouble et plus discrète.  La surveillance de la glaire cervicale est une tâche difficile et nécessite les conseils d’un expert ; ainsi, il peut être difficile de confirmer l’ovulation en employant cette méthode. Il est également important de noter que des changements en matière de pertes vaginales peuvent être un signe d’infection : si ces pertes vous paraissent anormales, veuillez consulter votre médecin.
     

6.
L’anovulation est-elle courante ?

L’anovulation est assez courante et touche une femme sur 102. Bien que des femmes en bonne santé puissent connaître un cycle anovulatoire, les risques que cela se produise dépendent également de l’âge et du poids corporel. 

7.
Quel traitement existe-t-il pour lutter contre l’anovulation ?

Le cycle anovulatoire occasionnel est assez courant et ne pose pas de problème.  Toutefois, si vous pensez que vous faites plus régulièrement l’expérience d’une anovulation, vous devez en parler à votre médecin. Parfois, l’anovulation chronique peut être résolue grâce à des changements de mode de vie, comme une perte ou un gain de poids, ou par la baisse d’intensité d’une activité physique.

8.
Puis-je concevoir si je n’ovule pas ?

Les troubles de l’ovulation, tels que l’anovulation chronique ou le fait d’ovuler peu fréquemment, touchent un couple sur quatre souffrant d’infertilité1. Vous ne pouvez concevoir que si vous libérez un ovule : cela ne sera donc pas possible pendant un cycle anovulatoire.


  1. Broekmans, FJ et al. BJOG: An International Journal of Obstetrics & Gynaecology 113.10 (2006): 1210-17
  2. Hambridge HL et al. Human Reproduction. (2013) 28: 1687-1694.
  3. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/female-infertility/symptoms-causes/syc-20354308 Mis à jour le 27 juillet 2019