L'infertilité touche une grande partie de la population : près de 16 % des couples ne parviennent pas à concevoir après un an de rapports sexuels non protégés1. Dans cet article, nous allons aborder un certain nombre de problèmes pouvant provoquer des troubles de la fertilité tant chez l'homme que chez la femme :

  • Environ un tiers des cas d'infertilité touchent les femmes, 20 % supplémentaires concernent les hommes, et près de la moitié impliquent les deux partenaires ou sont inexpliqués2.
  • Pour les femmes, l'infertilité est souvent liée aux hormones ou à des problèmes au niveau des trompes de Fallope ou de l'utérus.
  • Si une femme n'ovule pas, le fait d'identifier ce problème dès que possible peut lui permettre de prendre des mesures cliniques appropriées.
  • Chez l'homme, l'infertilité est souvent liée à une faible numération des spermatozoïdes ou à une dysfonction érectile.
  • Des éléments liés au mode de vie, comme le poids, le tabagisme ou la consommation d'alcool, peuvent réduire la fertilité chez l'homme ou chez la femme.
  • Si cela fait un an que vous essayez sans succès de concevoir un bébé et que vous avez moins de 35 ans, vous devriez en parler à votre professionnel de santé, qui saura vous conseiller. Si vous avez plus de 35 ans, vous devriez demander de l'aide après 6 mois de tentatives infructueuses ; consultez un médecin dès que vous envisagez de tomber enceinte si vous avez plus de 40 ans.

Quelles sont les causes des problèmes de fertilité ?

Découvrez les raisons et étudiez les options qui s'offrent à vous.

Si vous voulez en savoir davantage sur ce qui peut causer des problèmes de fertilité chez une femme, un homme ou dans un couple, vous trouverez ci-dessous quelques-unes des pathologies ou causes les plus courantes d'infertilité. Cette liste n'est pas exhaustive, et vous souhaiterez peut-être en parler à votre prestataire de soins de santé afin de bénéficier d'un soutien supplémentaire quant à votre situation personnelle.


Qu'est-ce qui peut affecter la fertilité chez une femme ?

Il existe deux principaux domaines pouvant poser problème et rendre la conception plus difficile : les troubles hormonaux et ceux touchant les trompes de Fallope et l'utérus.

1. Problèmes hormonaux

Anovulation

L'ovulation est contrôlée par les hormones de la fertilité. Si, pour une raison quelconque, vos taux hormonaux sont perturbés, votre ovulation peut s'en trouver affectée. On parle d'anovulation lorsque l'ovaire d'une femme échoue dans la production, la maturation ou la libération d'un ovule.

La plupart des femmes feront l'expérience de cycles menstruels anovulatoires à un moment donné de leur vie reproductive. Ce phénomène est plus courant chez les jeunes femmes ayant tout juste eu leurs règles, ou chez les femmes plus âgées approchant de la ménopause. Toutefois, des cycles anovulaires peuvent également avoir lieu chez des femmes en bonne santé et ayant régulièrement leurs règles.

Certaines femmes souffrent d'anovulation chronique ; cela peut être l'indication d'une pathologie hormonale sous-jacente, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui peut rendre la conception naturelle plus difficile3.

L'irrégularité ou l'absence des règles peut constituer un signe de problèmes d'ovulation potentiels.

De nombreux facteurs peuvent être à l'origine du dérèglement hormonal affectant l'ovulation. On compte parmi ceux-ci une variation pondérale importante, le stress, l'excès d'exercice physique et la maladie.

Si une femme en bonne santé et ayant ses règles régulièrement utilise des tests d'ovulation ou le Moniteur de Fertilité Avancé et qu'elle détecte un cycle anovulatoire occasionnel, il ne faut pas s'inquiéter : c'est normal, et cela ne devrait avoir aucun impact sur sa fertilité. Cependant, si vous échouez à détecter le pic de LH avec des tests d'ovulation (« Fertilité maximale » avec le Test d'ovulation Clearblue Digital Avancé) au cours de trois tests consécutifs, il pourrait être judicieux d'en parler à un professionnel de santé.

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le terme « ovaires polykystiques » désigne des ovaires qui contiennent un grand nombre de petits « kystes » : il s'agit de follicules contenant un ovule et ne s'étant pas développés correctement, souvent en raison d'un déséquilibre hormonal. Les symptômes peuvent comprendre une absence de règles ou des règles irrégulières, une prise de poids, une croissance pileuse excessive et des problèmes de conception. On estime qu'au Royaume-Uni, près d'une femme sur cinq présente des ovaires polykystiques4.

Phase lutéale courte

Si le nombre de jours entre le moment de l'ovulation et celui du début de vos règles suivantes est trop faible (moins de 10 jours), cela signifie que bien que vous puissiez concevoir, l'ovule fécondé est expulsé avant qu'il n'ait pu s'implanter dans la paroi de l'utérus. C'est un phénomène que vous pouvez remarquer si vous utilisez un test d'ovulation ou un moniteur de fertilité. Pour connaître la durée de votre phase lutéale, comptez le nombre de jours entre votre deuxième jour de fertilité maximale et la date de début de vos règles. Si vous pensez que votre phase lutéale est trop courte, parlez-en à votre médecin ; en effet, vous pourrez peut-être bénéficier d'un traitement pour cette pathologie.

Mes cycles sont très courts, est-ce pour cela que je ne parviens pas à concevoir ?

Professeur Michael Thomas

La durée d'un cycle normal est généralement comprise entre 23 et 35 jours. Des cycles plus longs ou plus courts que cette durée moyenne peuvent être associés à des problèmes de fertilité. Au cours de la vie reproductive d'une femme, la durée typique de ses cycles coïncidera avec cette structure temporelle. Si vos cycles durent en général moins de 23 jours, consultez votre médecin. L'utilisation d'un moniteur de fertilité à domicile ou d'un test d'ovulation vous aidera à prévoir le moment de l'ovulation.

Ménopause précoce

Dès lors que vous avez atteint la ménopause, la grossesse n'est plus possible ; au cours de la période précédant la ménopause (périménopause), il peut être très difficile de concevoir. Si votre mère a été ménopausée très tôt, il est fort possible que vous soyez également concernée par ce problème ; essayez donc de savoir à quel âge votre mère a atteint la ménopause. Si elle a été ménopausée précocement, nous vous recommandons d'aborder vos futurs projets de grossesse avec un professionnel de santé.

2. Problèmes au niveau des trompes de Fallope et de l'utérus

Les trompes de Fallope acheminent l'ovule de l'ovaire à l'utérus. Une obstruction dans les trompes de Fallope peut entraver la progression des spermatozoïdes vers l'ovule ; une grosseur dans l'utérus peut empêcher l'implantation de l'ovule fécondé.

Chlamydiose non traitée

La cause la plus fréquente d'occlusion des trompes de Fallope est une infection à chlamydia qui n'a pas été traitée. La chlamydiose est une infection courante pouvant être facilement transmise par le biais de relations sexuelles non protégées. Certaines femmes peuvent ne pas savoir qu'elles ont déjà été atteintes de chlamydiose en raison de l'absence des symptômes de cette infection. S'il existe une possibilité que vous ayez déjà contracté une chlamydiose, veuillez consulter votre médecin, qui effectuera un test.

Fibromes

Les fibromes sont des croissances anormales de tissu musculaire dans l'utérus, pouvant obstruer les trompes de Fallope ou empêcher l'implantation de l'ovule fécondé. Veuillez consulter votre médecin pour plus de renseignements.

Endométriose

Le terme d'endométriose est utilisé lorsque le tissu qui revêt la paroi utérine croît en dehors de l'utérus. Il peut obstruer les trompes de Fallope et ainsi empêcher la fécondation. L'endométriose peut provoquer des règles abondantes ou très douloureuses. Elle peut être traitée par des médicaments ou en éliminant ces tissus superflus. Votre médecin sera en mesure de vous en apprendre davantage.

Je souffre d'endométriose et je crains de ne pouvoir concevoir, est-ce vrai ?

Professeur Bill Ledger, Spécialiste de la fertilité

De nombreuses femmes atteintes d'une endométriose légère concevront normalement, bien que la probabilité de rencontrer des problèmes de fertilité soit plus importante. L'endométriose sévère peut endommager les trompes de Fallope et les ovaires, et les adhérences susceptibles d’accompagner cette maladie peuvent également obstruer les trompes. Votre gynécologue saura vous conseiller sur la procédure à suivre à ce sujet. Si vous souffrez d'endométriose et que vous n'arrivez pas à tomber enceinte après plusieurs mois de tentatives, n'attendez pas pour demander conseil.


À quoi les problèmes de fertilité chez l'homme sont-ils typiquement dus ?

Trois facteurs principaux affectent la fertilité chez l'homme : une faible numération des spermatozoïdes ou une mauvaise qualité du sperme, une dysfonction érectile ou d'autres causes moins courantes.

 

Faible numération de spermatozoïdes ou mauvaise qualité du sperme

S'il n'y a pas autant de spermatozoïdes qu'à l'accoutumée dans l'éjaculat masculin, les chances de fécondation d'un ovule par un spermatozoïde sont réduites. Si le sperme est de mauvaise qualité, il est aussi possible que les spermatozoïdes ne puissent pas atteindre l'ovule et traverser sa membrane pour le féconder.

La production de spermatozoïdes peut être affaiblie si les testicules sont soumis à la chaleur. Votre partenaire peut s'assurer que ses testicules ne s'échauffent pas trop en portant des caleçons larges. La numération et la qualité des spermatozoïdes peuvent être évaluées au moyen d'un simple test que vous pouvez obtenir par le biais de votre médecin.

Dysfonction érectile

Si l'homme a des difficultés à avoir ou maintenir une érection, que ce soit pour des raisons physiques ou psychologiques, cela réduira son aptitude à avoir des rapports sexuels. Vous pouvez obtenir de l'aide ; veuillez consulter votre médecin pour obtenir des informations supplémentaires.

Autres causes

Les autres causes d'infertilité masculine (moins courantes toutefois) regroupent une occlusion du canal acheminant les spermatozoïdes depuis les testicules, une maladie génétique, un trouble hormonal ou d'autres pathologies encore plus rares. Votre médecin sera en mesure d'identifier ces problèmes par le biais de tests.


Autres facteurs pouvant réduire la fertilité

Il existe d'autres causes pouvant affecter la fertilité tant chez l'homme que chez la femme.

Consommation d'alcool

Chez l'homme comme chez la femme, la fertilité peut être affectée par une consommation excessive d'alcool. La diminution de votre consommation d'alcool peut vous aider à concevoir. De plus, la consommation d'alcool pendant la grossesse peut affecter la santé de votre bébé. Ainsi, si vous essayez de tomber enceinte, il est judicieux de réduire votre consommation, car vous ne savez pas quand vous allez réussir à concevoir.

Tabagisme

En comparaison avec les non-fumeurs, les hommes qui fument ont souvent une numération de spermatozoïdes inférieure et une proportion plus importante de spermatozoïdes anormaux. Chez les femmes, le tabagisme peut affecter la fertilité et déclencher une ménopause précoce. Il peut aussi augmenter le risque de fausse couche et la survenue précoce du travail. Le tabagisme est très mauvais pour la santé de votre enfant à naître, et il est préférable d'arrêter de fumer avant de concevoir.

Votre partenaire comme vous-même devriez essayer de cesser de fumer si vous essayez de tomber enceinte.

Drogues douces

Il existe de nombreuses sortes différentes de drogues douces ou illégales de nos jours, et la manière dont elles affectent la fertilité n'est pas bien étudiée. Étant donné que de nombreuses drogues peuvent avoir un effet néfaste sur un bébé en développement, vous devriez cesser la prise de toute drogue douce ou illégale lorsque vous essayez de tomber enceinte.

Poids

Être en surpoids ou en sous-poids peut altérer votre cycle menstruel et diminuer vos chances de conception. La surcharge pondérale chez l'homme peut réduire la numération des spermatozoïdes et affecter la qualité du sperme. Veuillez consulter votre médecin ou un membre du personnel infirmer pour connaître votre poids idéal et obtenir des conseils pratiques sur la perte ou la prise de poids si cela est nécessaire.

Traitements médicamenteux

Si vous ou votre partenaire prenez des médicaments, veuillez demander à votre médecin si ces derniers ne vont pas faire baisser votre fertilité. Si tel est le cas, des alternatives existent peut-être.

Lubrifiants

La sécheresse vaginale est plus courante que ce que l'on croit. Dans une étude menée dans 11 pays et portant sur près de 6 500 femmes, jusqu'à 18 % des femmes âgées de 18 à 34 ans font toujours ou généralement état d'une sécheresse vaginale5. Cela peut empirer lorsque vous essayez de tomber enceinte, en raison de la tendance à avoir plus de relations sexuelles pour « faire un bébé ». Certains des lubrifiants les plus couramment disponibles peuvent être nocifs pour les spermatozoïdes. L'utilisation de tels lubrifiants peut ainsi réduire vos chances de tomber enceinte. Des lubrifiants inoffensifs pour les spermatozoïdes existent.

Âge

Une femme naît avec une réserve d'ovules pour toute sa vie, et leur nombre diminue progressivement avec l'âge. Après 38-40 ans, le taux de diminution est bien plus rapide et la qualité des ovules décline. Si vous avez plus de 35 ans, nous vous conseillons de consulter votre médecin si cela fait près de six mois que vous essayez de concevoir ; si vous avez plus de 40 ans, demandez conseil à votre médecin dès que vous commencez à essayer de tomber enceinte. Peu de données existent quant à la fertilité chez les hommes plus âgés, mais il semble qu'elle commence à décliner également à partir de 40 ans.


Infertilité inexpliquée

Parfois, tous les tests cliniques sont normaux, mais après des années de tentatives, vous n'êtes toujours pas enceinte. Cette situation peut être très frustrante et désagréable pour un couple, car il peut ne pointer aucun problème susceptible d'être résolu ou traité. On estime que près d'un tiers des couples présentant une infertilité inexpliquée parviendront à concevoir naturellement en trois ans sans intervention3.


Articles connexes